Corans

Les manuscrits du Coran constituent l’un des héritages les plus précieux de la civilisation islamique. Depuis les premiers siècles de l’islam, la transmission fidèle du texte révélé a donné naissance à une tradition manuscrite d’une exceptionnelle richesse, où l’exigence de la copie s’est progressivement accompagnée d’un remarquable développement des arts du livre, de la calligraphie et de l’enluminure.

Conservés et transmis de génération en génération, ces manuscrits témoignent de la diversité des styles calligraphiques, des écoles artistiques et des savoir-faire qui se sont épanouis dans les différentes régions du monde musulman. Réalisés sur parchemin ou sur papier, ils reflètent autant l’histoire de la transmission du texte coranique que l’évolution des techniques de copie, de reliure et d’ornementation.

À travers cette collection, la Fondation ADLANIA souhaite préserver, étudier et faire connaître ce patrimoine exceptionnel, où se rencontrent la beauté de l’écriture, la maîtrise des arts du livre et la mémoire vivante de la transmission du Coran au fil des siècles.

Coran mamelouk – Dix folios consécutifs

MAN 171

Ensemble exceptionnel de dix folios consécutifs provenant d’un Coran mamelouk réalisé au Proche-Orient au XIVᵉ siècle. Copié sur papier en élégante écriture muḥaqqaq, le manuscrit présente onze lignes de texte par page, ponctuées de rosettes dorées marquant la fin des versets.

Les marges sont ornées de médaillons circulaires bleus rehaussés d’or indiquant les groupes de cinq et dix versets, tandis que les titres des sourates sont inscrits en réserve sur un bandeau bleu décoré de rinceaux floraux et encadré d’or. Les folios conservent une partie des sourates Al-Māʾida (La Table servie) et Al-Anʿām (Les Troupeaux), illustrant le raffinement de l’art du livre développé sous les Mamelouks.

Datation : XIVᵉ siècle.

Page de Coran en écriture kūfī sur parchemin

MAN 512

Page de Coran sur parchemin portant les versets 29 à 32 de la sourate 17 – Al-Isrāʾ (Le Voyage nocturne), exécutée en écriture kūfī à l’encre d’or. Les lettres, tracées avec une grande sobriété, se détachent sur le parchemin et témoignent de l’élégance des premiers manuscrits coraniques.

Les fins de versets sont signalées par de grands médaillons circulaires enluminés aux couleurs or, rouge et bleu, qui rythment la lecture tout en enrichissant la composition d’une dimension décorative. Par l’alliance de la calligraphie monumentale, de la feuille d’or et du parchemin, cette page illustre le raffinement artistique des premiers Corans de prestige.

Feuillet de Coran en écriture coufique

MAN 198

Feuillet de Coran copié sur papier en écriture coufique ancienne, caractérisée par l’absence de points diacritiques sur les lettres, selon l’usage des premiers manuscrits coraniques. La lecture du texte est facilitée par un ancien système de points colorés indiquant les voyelles et les principales vocalisations, témoignant des premières étapes de l’évolution de l’écriture arabe.

Le feuillet contient les versets 82 à 84 de la sourate Al-Kahf (La Caverne), marquant la transition entre le récit de Moïse et d’Al-Khiḍr et le début de l’histoire de Dhul-Qarnayn. Par la sobriété de son écriture et l’équilibre de sa composition, ce manuscrit illustre les premiers développements de l’art de la copie du Coran, où la lisibilité du texte sacré primait encore sur l’ornementation.

Datation : XIVᵉ–XVᵉ siècle

Panneau calligraphique de la sourate 1 – Al-Fātiḥa et des premiers versets de la sourate 2 – Al-Baqar

MAN 441

Panneau calligraphique réunissant la sourate 1 – Al-Fātiḥa (L’Ouverture) et les premiers versets de la sourate 2 – Al-Baqara (La Vache). Le texte principal est exécuté en écriture naskhī, réputée pour sa clarté et son élégance, tandis que les encadrements et les inscriptions marginales sont réalisés en thuluth, offrant un remarquable contraste entre les deux styles calligraphiques. Le pourtour est orné du célèbre Verset du Trône (Āyat al-Kursī, Coran 2:255), dont la calligraphie s’intègre harmonieusement à un riche décor enluminé de motifs floraux et géométriques.

Feuillet de Coran en écriture coufique sur parchemin

MAN 338

Feuillet de Coran copié sur parchemin, probablement au Xe siècle, en écriture coufique ancienne. Les lettres, tracées à l’encre noire, sont dépourvues de points diacritiques et de vocalisation complète, conformément aux usages des premiers manuscrits coraniques. De discrètes marques rouges viennent préciser la lecture du texte, tandis que de petits médaillons dorés signalent la fin des versets.

Le feuillet contient les versets 11 à 15 de la sourate At-Tāriq (L’Astre nocturne), évoquant le ciel porteur de la pluie, la terre qui se fend pour laisser jaillir la vie, ainsi que la puissance et la vérité de la Parole divine.

Par la sobriété de son écriture et l’équilibre de sa composition, ce manuscrit témoigne des premières traditions de copie du Coran, où la clarté du texte et la maîtrise du geste calligraphique occupaient une place essentielle.

Datation :  Probablement Xe siècle

Panneau calligraphique de la sourate 67 – Al-Mulk

MAN 418

Panneau calligraphique composé de versets de la sourate Al-Mulk (Tabārak), exécutés en élégante écriture thuluth. Le texte est organisé selon une composition verticale encadrée de larges bandeaux calligraphiques et enrichie d’un remarquable décor d’enluminures aux motifs végétaux et géométriques.

Les titres et encadrements, réalisés à l’encre rouge, bleue et or, s’harmonisent avec une riche polychromie qui met en valeur la majesté du texte coranique. Les enluminures dorées, inspirées des grands ateliers de l’art du livre islamique, témoignent de la maîtrise des calligraphes et des enlumineurs dans l’alliance de l’écriture et de l’ornement.

À la croisée de la calligraphie et de l’enluminure, cette œuvre illustre la place centrale accordée au Coran dans les arts de l’Islam, où la beauté de l’écriture participe pleinement à la transmission et à la contemplation du texte sacré.

Coran manuscrit complet

MAN 587

Coran manuscrit complet copié en 1290 de l’Hégire (1872 apr. J.-C.), provenant d’Europe orientale. L’ouvrage s’ouvre sur une somptueuse double page enluminée présentant la sourate 1 – Al-Fātiḥa (L’Ouverture) et le début de la sourate 2 – Al-Baqara (La Vache).

Les encadrements sont richement ornés de motifs floraux polychromes et de décors géométriques rehaussés d’or, caractéristiques de la tradition des manuscrits coraniques de prestige. Le texte, soigneusement calligraphié à l’encre noire, est ponctué de signes de vocalisation et de marques de versets colorées qui facilitent la lecture tout en enrichissant l’esthétique de l’ensemble.

Par la qualité de sa calligraphie, l’abondance de ses enluminures et son excellent état de conservation, ce manuscrit témoigne de la permanence de l’art du livre islamique à la fin du XIXᵉ siècle.

Datation : 1290 H / 1872 apr. J.-C.

Quatre grands folios de Coran avec traduction persane interlinéaire

MAN 331

Ensemble de quatre grands folios provenant d’un Coran ancien, copié entre le IXᵉ et le Xᵉ siècle. Le texte coranique est transcrit en élégante écriture muḥaqqaq à l’encre noire, sur sept lignes par page, et accompagné d’une traduction persane interlinéaire, inscrite entre les lignes arabes afin d’en faciliter la compréhension.

Le manuscrit est richement enluminé de rosettes dorées marquant la fin des versets. Les titres des sourates sont exécutés à l’encre d’or, accompagnés d’indications relatives au nombre de versets ainsi qu’à leur caractère mecquois ou médinois. Dans les marges, de grands médaillons bleus rehaussés d’or signalent le début des sourates, témoignant du raffinement de l’art du livre islamique et de la maîtrise des enlumineurs.

Par son association du texte arabe et de sa traduction persane, ce manuscrit illustre la diffusion du Coran dans les régions persanophones et constitue un précieux témoignage de la transmission du savoir et de la culture islamique.

Datation :  IXᵉ–Xᵉ siècle

Panneau calligraphique de la sourate 78 – Al-Naba’

MAN 470

Panneau calligraphique présentant la sourate 78 – Al-Naba’ (La Nouvelle), exécuté dans le style bihārī, une écriture caractéristique des manuscrits coraniques produits dans le sous-continent indien.

Le texte est calligraphié selon une alternance harmonieuse de trois couleurs – noir, rouge et bleu – qui structure la lecture tout en conférant à la composition une remarquable richesse visuelle. Les versets sont ponctués de rosettes dorées, tandis que l’ensemble est encadré de décors floraux et géométriques finement enluminés, notamment dans l’en-tête et les marges latérales.

L’œuvre est signée par le copiste Muḥammad Shams al-Dīn et datée de 1290 H (1873 apr. J.-C.), témoignant de la vitalité de l’art calligraphique coranique à la fin du XIXᵉ siècle et de la permanence des traditions manuscrites dans le monde islamique.

Datation :  1290 H / 1873 apr. J.-C.

Feuillets enluminés d’un Coran manuscrit

MAN 553

Ensemble de onze feuillets non reliés provenant d’un Coran manuscrit. Le premier feuillet est écrit au recto uniquement, tandis que les dix suivants sont calligraphiés au recto et au verso. Le texte couvre les versets 24 à 147 de la sourate 4 – Al-Nisāʾ (Les Femmes).

Les deux premiers feuillets sont richement enluminés de compositions florales et de rinceaux polychromes rehaussés d’or, témoignant du raffinement des arts du livre dans la tradition islamique. Chaque page comprend seize lignes, dont les première et dernière sont exécutées en écriture thuluth, tandis que le corps du texte alterne des lignes en naskhī à l’encre noire avec des lignes en naskhī à l’encre rouge. Cette mise en page confère à l’ensemble un remarquable équilibre entre lisibilité, rythme et élégance.

Par la richesse de son décor et la maîtrise de sa calligraphie, cet ensemble illustre le haut niveau atteint par les ateliers de copie des manuscrits coraniques.

Basmala calligraphiée sur parchemin

MAN 514

Composition calligraphique représentant la Basmala (Bismi Allāh al-Raḥmān al-Raḥīm – « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux »), exécutée sur parchemin. Les lettres, tracées à l’encre noire avec une grande maîtrise, s’entrelacent pour former une composition monumentale où l’équilibre des formes met en valeur la beauté de l’écriture arabe.

Les signes de vocalisation, réalisés à l’encre rouge, ponctuent discrètement le texte et créent un contraste harmonieux avec la sobriété de la calligraphie. Par sa simplicité et sa force visuelle, cette œuvre illustre la place centrale de la Basmala, formule d’ouverture qui introduit la quasi-totalité des sourates du Coran et accompagne traditionnellement de nombreux écrits dans la civilisation islamique.

Informations légales

Propriété intellectuelle

L’ensemble des contenus présents sur ce site, notamment les textes, photographies, manuscrits, images, illustrations, vidéos, documents numérisés, logos, bases de données, éléments graphiques et autres contenus, est protégé par les législations suisses et internationales relatives au droit d’auteur et à la propriété intellectuelle.

Sauf autorisation écrite préalable de la Fondation ADLANIA ou des ayants droit concernés, toute reproduction, représentation, diffusion, adaptation ou exploitation, totale ou partielle, de ces contenus, sur quelque support que ce soit, est interdite.

Les reproductions des œuvres et documents présentés sur ce site sont proposées exclusivement dans un objectif de conservation, d’étude, de valorisation scientifique, culturelle et patrimoniale.

Collections et archives

Les manuscrits, documents, photographies, objets patrimoniaux, œuvres et autres collections présentés sur ce site appartiennent à la Fondation ADLANIA ou sont reproduits avec l’autorisation de leurs propriétaires ou ayants droit.

Les notices scientifiques et historiques sont fournies à titre documentaire et peuvent être mises à jour en fonction de l’évolution des recherches.

Photographies des collections

Les photographies des manuscrits, objets, œuvres et autres éléments patrimoniaux présentés sur ce site ont été réalisées par le photographe Abdou Diouri dans le cadre de sa collaboration avec la Fondation ADLANIA.

Ces photographies constituent des œuvres protégées par le droit d’auteur.

Toute reproduction, représentation, diffusion, modification ou exploitation, totale ou partielle, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans l’autorisation écrite préalable de la Fondation ADLANIA et, le cas échéant, des titulaires des droits concernés.

Politique de confidentialité

La Fondation ADLANIA s’engage à protéger les données personnelles des visiteurs de ce site.Les informations collectées par le biais des formulaires de contact, de demande d’information, d’inscription ou de commande sont utilisées exclusivement pour répondre aux demandes des utilisateurs, assurer le suivi des échanges, gérer les commandes et améliorer les services proposés.

Les données personnelles ne sont ni vendues, ni louées, ni cédées à des tiers, sauf obligation légale ou nécessité liée à l’exécution d’un service demandé par l’utilisateur.

Conformément à la législation applicable en matière de protection des données, chaque utilisateur dispose d’un droit d’accès, de rectification, de suppression, de limitation du traitement et, le cas échéant, d’opposition concernant les données le concernant.

Toute demande peut être adressée à la Fondation ADLANIA via les coordonnées indiquées sur le site.

Politique de cookies

Le présent site utilise des cookies afin d’assurer son bon fonctionnement, d’améliorer l’expérience de navigation et, le cas échéant, de mesurer l’audience du site.

Les cookies strictement nécessaires au fonctionnement du site sont déposés automatiquement. Les autres catégories de cookies, notamment ceux liés à la mesure d’audience ou à des services tiers, ne sont utilisés qu’après le consentement de l’utilisateur, lorsque la législation l’exige.

L’utilisateur peut, à tout moment, gérer ou retirer son consentement via les paramètres de son navigateur ou du gestionnaire de consentement aux cookies, lorsqu’il est disponible.